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EMMANUEL COLLEAU


Colleau« J’aime quand l’image se resserre pour apprécier mon travail sur le personnage. »

EMMANUEL COLLEAU, Chef coiffeur

 

 

Il commence par travailler dans un salon de coiffure parisien mais dans ce contexte, il perd peu à peu d’intérêt pour son métier. Après un bilan de compétences, il fait des stages au théâtre avec Marion Aubert – comédienne et une auteure de théâtre -, Marion Guerrero – metteur en scène et comédienne – et Fanny Reversat – metteur en scène -, à Montpellier où il apprécie le climat. Il suit une formation de coiffeur-perruquier-maquilleur de scène au Théâtre du Capitole à Toulouse. Rapidement, il obtient son premier poste pour Les Egarés d’André Techiné en 2002. Il devient intermittent et au fil des rencontres, il œuvre pour l’Opéra de Montpellier et travaille depuis quelques années essentiellement à Marseille pour des séries.
Il est fréquent que les rôles de chef coiffeur et assistant coiffeur s’inversent car il existe une très grande solidarité au sein de la profession. Son embauche est souvent soumise à son réseau. Cependant, en tant que chef coiffeur et avec l’accord du directeur de production, il essaye de recruter autant que possible les techniciens régionaux. S’il aime voyager grâce aux films, Emmanuel Colleau fait partie des techniciens qui aimeraient davantage travailler dans la région où il habite. Lorsqu’un tournage s’y déroule, il remarque que les productions ne respectent pas toujours le jeu de l’emploi en région. Malgré son attachement au territoire, il est prêt à se déplacer si cette donnée n’évolue pas.
Il entre dans un film par la lecture du scénario puis son dépouillement qui consiste à analyser le texte selon différents critères et à relever ce qui concerne la coiffure. Grâce au premier assistant réalisateur, il prend connaissance des souhaits artistiques de la mise en scène et obtient les ambitions du plan de travail. Ses échanges avec la maquilleuse et la costumière, notamment pour l’étape de documentation, sont importants. Il s’inspire volontiers du livre de Richard Corson : « Fashions in Hair« *1, pour imaginer ses créations. Les visuels rassurent le réalisateur. En fonction des besoins, il apprécie de faire des formations, notamment avec l’AFDAS*2. Le chef coiffeur est responsable de son équipe et gère le budget qui lui est alloué.
Quelques jours avant le tournage, les chefs du HMC*3 font des essais en présence du réalisateur qui valide ou non les propositions. Le chef coiffeur présente des coiffures  crédibles qui participent à l’approche d’un rôle. Il doit gérer au mieux le temps de préparation du comédien afin de n’occasionner aucun retard sur le plateau. Lors du tournage, il note ses raccords dans sa continuité et prend des photos. Il organise séquence par séquence et dans l’ordre chronologique des fiches liées aux comédiens. Il sollicite également la scripte qui reste la responsable des raccords, plus il y en a et plus il participe à la création d’un personnage pour le faire évoluer.
Les techniciens du HMC se définissent comme « des éponges » car ils doivent prendre soin du comédien, le rassurer pour le détendre. Sur le plateau, le coiffeur est physiquement derrière le réalisateur près du combo*4 et vérifie les raccords ; il visionne régulièrement les rushes*5. Il a appris à se positionner sur le plateau au fil des années. Il n’aurait pas pu exercer ce métier à vingt ans car il faut acquérir une certaine maturité. Le coiffeur doit faire preuve de douceur et d’assurance dans ses gestes, entre son flight case*6 et son sac de face*7, il fait un travail de bohème, il est coiffeur ambulant.

*1 Peter Owen Publishers, 3° édition 2005.
*2 Assurance Formation des Activités du Spectacle.
*3 Habillage, Maquillage, Coiffure.
*4 Enregistreur diffusant l’image et le son issus de la prise tournée via la reprise vidéo de la caméra principale.
*5 Ensemble des prises de vues faites avant le montage.
*6 Caisse sur roulettes pour protéger le matériel des chocs et des aléas du transport.
*7 Sac de matériel pour travailler au plateau.

5 dates qui ont marqué le parcours d’Emmanuel Colleau :

Année de naissance : 1972
Formation ou rencontre la plus significative : Formation Perruquier Théâtre du Capitole Toulouse.
Arrivée en région : 1995
Premier film sur lequel tu as travaillé pour le cinéma : 2007  – La graine et le Mulet de Abdellatif Kechiche.
Date de ton choix par rapport à un événement intéressant qui te tient à cœur : 2005 -débuts sur la série Plus Belle La Vie : de nombreuses rencontres enrichissantes pour la suite !

Films qui ont marqué le parcours d’Emmanuel Colleau :

La graine et le mulet d’ Abdellatif Kechiche, 2005, tourné à Sète
Plus Belle la vie (série TV)  depuis 2005
Bellamy de Claude Chabrol, 2008, tourné à Nîmes
Coup d’éclat de José Alcala, 2010, tourné à Sète et en PACA
Madame le Maire de Coline Serreau, 2014, tourné à Vaison-la-Romaine (PACA)

 

Son actualité :

Alex Hugo d’Olivier Langlois, 2015
Tandem de Christophe Douchan, tourné à Montpellier et alentours, 2015/2016