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Fauconnier


 « J’aime travailler avec le cinéma, mais pas avec n’importe qui, il faut un grand respect de la nature pour aborder les rapaces. »

PHILIPPE RIGNAULT, Fauconnier

 

 

De Paris où il travaillait dans la décoration à la Sologne où il se ressourçait tous les week-ends, Philippe Rignault a toujours été attiré par les oiseaux.

En 2000, il change de vie professionnelle et rejoint « Les Aigles de Beaucaire » dans le Gard. Il apprend le métier de fauconnier aux côtés de Laurent Moreau dont il gardera en souvenir « Momo », le nom donné au hibou Grand Duc qu’il a adopté. En 2007, il est responsable de cent trente rapaces lorsque le site ferme. Il crée alors son entreprise « Les ailes du Larzac ». Il mène des effarouchements*1 à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard et obtient les autorisations nécessaires au développement de son activité. Les rapaces sont considérés comme des animaux sauvages au même titre que les tigres et l’effarouchement est encadré comme un acte de chasse. Ce secteur réglementé est inspiré d’un art très ancien qui fait appel aux oiseaux de proie affaités*2.

Pour adopter un oiseau, le choix de l’éleveur est important. Momo et Apache, la buse de Harris, viennent du Puy du fou et ont été adoptés à trois mois. Philippe Rignault se substitue à la mère en les nourrissant et leur apprend à manger dans un gant. Tous les trois mois il soigne leurs serres, tous les jours il les pèse pour connaître leur poids de vol. Chaque oiseau a sa propre volière et sa boîte de portage dans le camion agréé au transport d’animaux sauvages. Les oiseaux vivent en moyenne quinze ans et l’hiver, ils ne sont pas protégés afin de ne pas être fragilisés.

Avec les rapaces, le rapport de force est impossible et c’est la raison pour laquelle le terme de « dressage » est banni. Pour chaque espèce son travail est différent. Comme de nombreux naturalistes, Philippe Rignault ne s’aventure pas à raconter les techniques de son métier.

En 2009, alors qu’il exerce ses activités pédagogiques et écologiques dans le Larzac, il rencontre le directeur de la photographie Laurent Charbonnier qui travaille sur le tournage de La clé des champs. Pour la première fois, Momo est porté au grand écran. Dans la même année, l’aventure cinématographique se poursuit avec le réalisateur Sylvère Petit, en préparation de son court métrage Les Ventileuses. Le respect de l’animal chez ce réalisateur qui œuvre aux frontières du cinéma animalier et de fiction est un engagement éthique auquel il adhère pleinement.

Philippe Rignault n’amènera jamais ses oiseaux dans un espace dangereux. Avant d’accepter un tournage, il s’inquiète des lieux envisagés et refusera une séquence sous des lignes à haute tension par exemple. Sur un plateau de cinéma, les oiseaux sont considérés comme des acteurs qu’il ne faut pas déconcentrer et dont on ne maîtrise pas les réactions. L’équipe de tournage doit pouvoir s’adapter. Le rôle du fauconnier est d’anticiper au mieux les mouvements de l’oiseau et de réunir les meilleures conditions de leurs réalisations en fonction de l’environnement. Faire un film qui abordera la nature par la présence d’un animal à l’image, c’est accepter de composer avec les éléments.

L’activité de Philippe Rignault est essentiellement dirigée vers des rencontres pédagogiques. Il se définit avant tout comme un observateur de la faune sauvage au même titre qu’un ornithologue. La démonstration n’est pas un spectacle mais une invitation à découvrir. Sans entrer dans des considérations éthologiques ou ésotériques, l’homme constate que les rapaces ont des ressentis que nous ne voyons pas. L’œil humain, fasciné par la sagesse de ces oiseaux majestueux, passerait des heures à les regarder. Le spectateur les admire sur le grand écran où ils portent une élégance rare dont seul le fauconnier a la clef .

*1 Technique de fauconnerie qui consiste à faire peur aux espèces indésirables pour limiter la prolifération des nuisibles.
*2 Terme de fauconnerie qui désigne un savoir-faire pour apprivoiser un oiseau de proie.

 
 

5 dates qui ont marqué le parcours de Philippe Rignault :

Année de naissance : 1959
Formation ou rencontre la plus significative : 2000 – rencontre avec Laurent Moreau, fauconnier.
Premier film sur lequel tu as travaillé pour le cinéma : 2008, La clé des champs de Claude Nuridsany et Marie Pérennou.
Date de ton choix par rapport à un événement intéressant qui te tient à cœur : 2008, tournage du court métrage Les Ventileuses de Sylvère Petit.

 

5 films qui ont marqué le parcours de Philippe Rignault :

Les Assoiffés de Sylvère Petit,  tourné en 2013 à Béziers.
Les Ventileuses de Sylvère Petit, tourné en 2008 à Saint Pierre-de-la-Fage.
Océans de Jacques Perrin, 2009.
Les animaux amoureux de Laurent Charbonnier, 2008.
Le peuple migrateur de Jacques Perrin, 2001.