Copyright © 2018 LRC

MATHIEU ROBIN


 « Romain Gary disait que l’on prend trop souvent les scénaristes pour des « stylos »,
comme s’ils étaient des outils interchangeables. »

MATHIEU ROBIN, Scénariste et écrivain

 

 

L’écrivain file la métaphore. Originaire des terres d’Auvergne, Mathieu Robin a voulu pour ce portrait une photo en pleine mer, pour dire l’idée qu’on voit de loin comme un phare, le frêle esquif de l’écriture pris dans la tempête des concepts qui se bousculent mais aussi, quelquefois, naviguant sur la mer calme d’un roman qui avance sur ses rails, d’un scénario bientôt prêt à livrer, prêt à filmer. « Je mastique les idées longtemps avant qu’une bonne histoire me vienne… Quand elle est là, je travaille tout le matin, en début d’après-midi. Puis je pars marcher, j’écume l’Ecusson. Et je re-travaille le soir. »
A 35 ans, il quitte Paris, s’installe à Montpellier.

Plusieurs réalisations de court-métrages à son actif, dont Pensée assise qui après des succès réitérés en festivals a donné lieu à l’édition d’un livre chez Actes Sud junior, la co-écriture du film subtil d’Anna Novion, Les grandes personnes, sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes en 2008… Et des projets en cours dans les cartons du déménagement.
Depuis 2014, il découvre ici un territoire où porter ses récits à l’écran : tout l’inspire, des Cévennes à la Méditerranée, des ruelles montpelliéraines au brise-lames de Sète.
L’écriture, il y vient pour le plaisir des histoires, le plaisir de s’en faire conter. Par sa grand-mère tout d’abord, puis par Romain Gary, Sidney Lumet ou Franck Capra. Quand il décrit l’ambiance du foyer rural de son enfance, on se retrouve dans Cinéma Paradiso. C’est son père qui change les bobines derrière le projecteur en fond de salle.

« Peu importe l’époque, l’ambiance, le climat ou les modes, ce qui compte c’est que les histoires soient belles ». Pour lui, ce qui est beau est ce qui fédère, relève de l’utopie, de la dignité des luttes où, même si l’on perd, on gagne en humanité. Il parle des comédies anglaises, cite pour appuyer son propos le succès inattendu d’un Billy Eliott.
Au cinéma, cette histoire se joue à plusieurs. Il le découvre au lycée, une option Cinéma et Audiovisuel prise presque par hasard. Le premier choc, c’est Citizen Kane, le deuxième, Tati. Mathieu Robin avoue qu’il faut qu’il soit « attendu » pour écrire. Dans l’élaboration de scénarios à plusieurs mains, comme pour Les grandes personnes d’Anna Novion avec Jean-Pierre Darroussin, Judith Henry et Anaïs Demoustier, « quand les idées advenaient, je jubilais de voir l’enthousiasme sur le visage des autres ».
S’il n’avait pas eu un contrat avec Actes Sud, il pense qu’il n’aurait pas écrit Ses griffes et ses crocs, l’histoire d’un jeune garçon en prise avec des troubles obsessionnels compulsifs, qui lui permet de traiter une de ses thématiques essentielles : l’émancipation.

Etonnant pour un écrivain, ce fils d’instituteur souffre de dysorthographie. Mais ce « trouble de l’acquisition de l’expression écrite » est un « handicap » tout compte fait fertile pour lui : l’homme est tenace. C’est son mot. Ténacité, persévérance. Mathieu Robin dit de lui qu’il est un « glaneur ». Ses récits se nourrissent de la lecture de journaux, de recherches précises pour décrire au plus près des réalités un décor, une ambiance, un ressenti. Avoir plusieurs cordes à son arc est un plus indéniable. Il en livre trois : scénariste, écrivain, metteur en scène. Et regrette de ne pas être monteur : « Un bon monteur est un très bon script-doctor pour une histoire. » Il anime des ateliers d’écriture de scénario, enseigne des règles qui ne sont simples qu’en apparence et donne ce conseil à qui voudrait entrer dans le métier : « C’est difficile, les portes s’ouvrent et c’est magique mais elles peuvent aussi se refermer très vite. Pour un ou deux scénarios réalisés, combien sont restés dans le cercueil du tiroir… Mais il faut s’obstiner. » .

 
 

5 dates qui ont marqué le parcours de Mathieu Robin :

Année de naissance : 1978
Formation : 1994 – Découverte du cinéma en classe A3 au lycée Mme de Staël à Montluçon.
Premier film : 2000 – Réalisation de son premier court-métrage, Tempêtes en abîme, en 35mm.
Date d’un événement particulier : 2008 – Sélection du long-métrage Les grandes personnes d’Anna Novion à la Semaine de la critique à Cannes.
Arrivée en région : 2014 – Installation à Montpellier, écriture de son deuxième roman « Ses griffes et ses crocs ».

 

5 films qui ont marqué le parcours de Mathieu Robin :

Tempêtes en abîme, scénariste et réalisateur, 2000, A2L Production.
Fleur bleue, scénariste et réalisateur, 2002, Live Dreams.
Pensée assise, scénariste et réalisateur, 2002, Les films du cygne.
Ars longa, réalisateur, 2004, Laboîte Production.
Les grandes personnes, scénariste, 2008, Moteur S’il Vous Plait.