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Chef costumière


« Je projette le vêtement dans son devenir. »

FLORENCE CLAMOND, Chef costumière

 

 

Si dans sa famille les femmes faisaient un peu de couture et qu’il lui arrivait d’aller voir des opérettes avec sa mère, c’est plus tard que Florence Clamond a pu analyser que sa motivation se nourrissait d’une pensée récurrente : « A sa place, je ferai comme ça… ». Originaire de Narbonne, elle a suivi une formation de fabrication de costume en région parisienne avant de travailler pour une maison de location. Sa directrice, Sylvie de Segonzac*1, lui propose alors de la suivre sur les tournages en tant qu’habilleuse. A ses cotés, elle grandit dans la profession et devient son assistante. Elle connaissait la couture, elle savait habiller, mais sur les tournages elle apprend les raccords, les notions de cadre. Elle signe son premier poste en tant que chef costumière pour le téléfilm Charlotte Corday en 2007.
Son atout est de connaître toutes les étapes depuis la fabrication et d’être polyvalente. Selon elle, le plus difficile est d’avoir la possibilité d’entrer sur un tournage, mais elle n’a jamais cherché de travail. De fidélités en confiances, sa réputation s’est peu à peu imposée dans les films d’époque pour la télévision. Aujourd’hui, les producteurs lui font découvrir des réalisateurs et inversement.
Après plusieurs lectures du scénario, la chef costumière va élaborer, puis négocier avec le directeur de production, un devis prenant en compte la fabrication, la création et la gestion d’équipe. Trois mois avant son entrée en préparation, Florence Clamond se consacre à ce qu’elle préfère : l’étape de documentation. Ses recherches assimilées, les idées viennent et elle peut se consacrer à la création et la constitution de ses stocks. Sans directeur artistique comme dans le modèle anglo-saxon, les chefs de poste en France s’harmonisent pour tout raccorder. Il s’agit d’avoir des repères, d’être sensible à l’époque pour que les comédiens ne soient pas déguisés, adoptent une gestuelle et un phrasé dans un costume.
Elle entre en préparation seule ou avec son assistante et peu à peu l’équipe grossit. Pour les périodes jusqu’au 19° siècle, elle se déplace chez des fournisseurs en Italie, en Espagne, parfois en Angleterre et utilise en moyenne 90% du stock loué, ce qui est apprécié des producteurs attentifs au budget. Du 20° siècle à aujourd’hui, elle trouve les quantités nécessaires à Paris.
Ses relations avec les loueurs de costumes sont privilégiées car elle engage sa responsabilité et veille à la qualité des rendus. Après un tournage, elle vérifie, trie, envoie les chaussures chez un cordonnier, les vêtements au pressing, elle répare ou remplace.
Florence Clamond apprécie d’être chef costumière et non créatrice de costume car elle veut pouvoir intervenir à d’autres moments que pendant la préparation. Sa bijoute*2 est importante, elle raconte le passé et l’avenir des films. Elle aime les tournages, s’occuper des figurants, veiller à ce que l’installation du HMC*3 soit respectée. Attachée à travailler dans de bonnes conditions pour être efficace, elle a une vision d’ensemble et n’hésite pas à proposer ses conseils.
En Languedoc-Roussillon elle a travaillé pour la série Inquisitio*4 – tournée à l’Abbaye de Fontfroide, dans le passage de l’Ancre à Narbonne et au château de Salses – mais son quotidien est entre Paris et d’autres régions. Elle retrouve sa famille le week-end dès que cela est possible, leur équilibre est inscrit dans ces rythmes aléatoires.
Aux côtés de Patrick Fierry*5, elle participe également à un projet de formation au sein de La Générale*6 où elle veut transmettre son goût de l’exigence, son regard sur un métier où il est important de savoir s’adapter car c’est la réalité de cette profession.

 
*1 Créatrice de costume.
*2 Caisse contenant divers bijoux, accessoires et matériel nécessaire.
*3 Habillage, Maquillage, Coiffure.
*4 Septembre Productions, 2012.
*5 Acteur français.
*6 Ecole du théâtre et de l’image à Montreuil.

 

5 dates qui ont marqué le parcours de Florence Clamond :

Année de naissance: 1971
Formation ou rencontre la plus significative : 1991 – formation de costumière de fabrication
Arrivée en région: 2001
Premier film sur lequel tu as travaillé pour le cinéma : 1998Les Enfants du Marais de Jean Becker
Date de ton choix par rapport à un événement intéressant qui te tient à cœur : juin 2011 – la première fois que j’ai eu l’opportunité de travailler dans ma région.

 

Films qui ont marqué le parcours de Florence Clamond :

Vipère au poing de Philippe de Broca, 2003
Marie-Antoinette de Sofia Coppola, 2005
Cartouche de Henri Helman, 2009
Inquisitio de Nicolas Cuche, 2011, tourné en Languedoc-Roussillon notamment près de Narbonne
Les Fusillés de Philippe Triboit, 2014

 

 

Son actualité :

Marguerite et Julien de Valerie Donzelli, 2014
La femme de la plaque argentique de Kyoshi Kurosawa, 2015
Valerian et la cité des milles planètes de Luc Besson, 2016