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Directeur de la photographie


Robert« Pour faire un film, il faut trouver les moyens de passer de l’écrit à l’image avec la lumière et le cadre. »

JÉRÔME ROBERT, Directeur de la photographie

 

 

La lumière au cinéma, l’architecture et la musique, sont les trois passions d’un homme élégant et passionné par le rythme. D’origine française et né au Canada, il traverse l’Atlantique à dix-huit ans pour venir en France et vit aujourd’hui à La Boissière dans le Gard. Formé à l’IDHEC*1 entre 1979 et 1981, il se plaît à dire qu’on ne choisit pas sa carrière, que ce sont les rencontres qui nous mènent sur le chemin du hasard.
Dans un secteur où les professionnels sont vite reliés à des genres ou des techniques, il rencontre le réalisateur et producteur Christophe Gans et participe ainsi au magazine Starfix.  Il interviewe de nombreux professionnels à différents postes et crée deux rubriques, l’une sur le court métrage, l’autre sur la publicité – une première dans la presse à grand tirage dans les années 1980. Cadreur pour la télévision, on lui confie rapidement la direction de la photographie pour des courts métrages, des clips et des publicités.
Le cinéma est pour lui l’art de la révolution dans tous les sens du terme : une nouvelle caméra sort tous les six mois et grâce aux remises en question que cela implique, le directeur de la photo peut se renouveler voire innover dans les prises de vue.
Il rejoint l’équipe d’un film après la phase d’écriture et de financement. Ses premiers contacts avec le réalisateur tissent l’indicible autour d’impressions, d’idées visuelles. Pour faire des propositions artistiques, il aime se remémorer ses premières émotions lors de sa lecture du scénario. Au moment de la préparation, les relations entre les chefs de postes s’épanouissent. En faisant des essais, au cours d’échanges et de réflexions, le projet s’affine. Plus le décor est important, plus les lumières doivent être pensées en amont et cela nécessite une anticipation précise avec les chefs machiniste et électricien.
Dès qu’il est confirmé sur un tournage, il constitue son équipe en veillant à la parité. Quand le tournage est itinérant comme pour L’Épervier – série télévisée de Stéphane Clavier diffusée en 2011 -, il recrute des techniciens locaux qui apportent un autre regard. Avant le tournage, il filme certaines répétitions, où les « techniciens mal rasés prennent le costume de comédiens » pour chorégraphier des scènes et bien cerner les séquences. Dans la mise en œuvre de ce travail d’équipe, chacun propose des solutions et les contraintes économiques peuvent le conduire à innover. Pendant le montage, le directeur de la photo est peu sollicité mais il revient pour le retake*2 et l’étalonnage.
L’itinérance est le quotidien de nombreux professionnels du cinéma. « Accueillir et être accueilli » est pour Jérôme Robert « ce qu’il y a de plus beau au monde ». Les rencontres fortuites dans une société où beaucoup de choses sont dématérialisées permettent de s’enrichir en permanence.
Quand il élabore ses propositions visuelles en tenant compte des contraintes de production, il n’hésite pas à bouleverser sa façon de procéder. Avec A bout de souffle en 1960, Jean-Luc Godard a provoqué un rendez-vous avec l’histoire du cinéma, les obligations imposées au réalisateur l’ont poussé à créer un chef-d’œuvre. Avec Ida*3″, Pawel Pawlikowski nous oblige à interroger les notions de cadre et de format. Ce sont des partis pris très forts qui déclenchent des troubles et Jérôme Robert observe cela avec beaucoup d’admiration. Le directeur de la photographie a une responsabilité importante sur un tournage, il doit gérer des pressions, savoir s’apaiser avant que l’énervement ne monte, le stress doit se transformer en une énergie renouvelable et stimuler la création.

 
*1 Institut des hautes études cinématographiques devenue La Fémis en 1988
*2 Action de réaliser une nouvelle prise une fois le tournage terminé
*3 Avec Łukasz Zal à la prise de vue

 

5 dates qui ont marqué le parcours de Jérôme Robert :

Année de naissance : 1958
Formation ou rencontre la plus significative : 1998 – ma rencontre avec la lumière du nord dans le cercle arctique. Elle m’a permis de mieux cerner cette lumière très particulière, « oniriquement naturelle » des peintres scandinaves, notamment Edvard Munch (« le cri », « cendres », « danse de la vie »,…), et de comprendre à quel point la lumière pénètre les objets et les personnes pour devenir émotion.
Arrivée en région : 1993 de façon définitive.
Premier film sur lequel tu as travaillé pour le cinéma : 1993Je m’appelle Victor de Guy Jacques.
Date de ton choix par rapport à un événement intéressant qui te tient à cœur : 1893 – La Nouvelle Zélande est le premier pays à accorder le droit de vote aux femmes.

 

Films qui ont marqué le parcours de Jérôme Robert :

Le premier : Je m’appelle Victor de Guy Jacques, 1993
Le plus extrême : Commander Hamilton de Harald Zwart, 1998
Le plus insolite : Iznogoud de Patrick Braoudé, 2005
Le plus agréable : Camping de Fabien Onteniente, 2006
Le plus sombre : Le Serpent de Eric Barbier, 2007

 

Son actualité :

Et mon cœur transparent de David et Raphaël Vial Durand, 2015